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L’impact de l’hygiène de vie des patients sur la rééducation

Lors des bilans que nous réalisons avec nos patients, nous pouvons nous montrer très exhaustifs sur un tas d’éléments clés : l’anamnèse, l’évaluation de la mobilité, l’évaluation de la douleur, l’identification des reds flags… et j’en passe.

Mais s’ il y a bien un domaine qui passe souvent à l’as, c’est l’évaluation de l’hygiène de vie des patients. En même temps, qui irait demander lors de la première séance : “Alors combien de temps tu dors ? T’es plutôt team English BreakFast ou café-clope au réveil ? Dans la vie sur une échelle de 0 à François Cluzet tu te positionnes comment sur le stress ?

Cela paraît délicat mais ça ne devrait pas l’être !

Combien de fois t’es-tu remis en question sur la qualité du traitement que tu proposes à ton patient sans le remettre en question sur ce qu’il fait pendant les 140 et quelques heures qui ne font pas partie des séances au cabinet ?

La fatigue

Pour bien comprendre la suite de cet article, il va être nécessaire de faire un petit point sur une variable très importante : la fatigue !

Lorsque nous sortons d’une séance de kiné active, notre corps va être soumis à une fatigue périphérique et centrale. Et c’est notre capacité de récupération qui va permettre de faire diminuer rapidement cette fatigue pour permettre notamment deux conséquences très appréciables :

  • Augmentation de l’effet de la séance précédente
  • Diminution du temps entre deux séances

Et donc une rééducation plus rapide et plus efficace ! Magnifique, non ?

Récupération… hygiène de vie… je ne vois pas vraiment où tu veux en venir là !?

Je t’explique ça tout de suite !

Qu’est-ce qui impacte la récupération ?

Les variables qui ont le plus d’impact sur ta récupération sont toutes en lien avec des éléments de ton hygiène de vie :

  • le sommeil
  • la nutrition
  • l’hydratation
  • la gestion du stress
  • la gestion de la charge d’entraînement

Laisse tomber l’ensemble des thérapies de récupération à la mode que tu vois passer sur ton feed Insta : pistolets de massage, bains froids, legging de compression et j’en passe (bon après, ça peut faire un certain style…).

Le principal n’est pas içi.

Tu n’irais pas dire à un coureur à pied débutant que ce qui va le faire le plus progresser au début, ça va être de prendre les dernières Nike à 500 balles ou de courir à 1500m d’altitude. 

Non. Au début, la base… bah c’est la base ! Plan d’entrainement, objectifs, discipline… et surtout courir ! Et bien c’est la même chose pour la récupération, nous commençons d’abord avec ce qui constitue le socle de la récupération avant de s’intéresser aux méthodes accesoires.

Le sommeil

S’ il y en a bien un par lequel il faut commencer, c’est le sommeil !

C’est vraiment l’élément qui va impacter le plus notre récupération. Dès que ce dernier va perdre en quantité, tu vas voir l’ensemble de tes qualités physiques diminuer (que ce soit la force mais également la performance en course, la précision, le temps de réaction ou même ton temps avant épuisement).

Et ça, ce n’est pas moi qui le dit mais les équipes de Vital et Knowles et Vital, respectivement en 2018 et en 2019 (Knowles, 2018 ; Vital, 2019).

Et là tu te dis :” d’où tu viens me parler de temps avant épuisement, moi c’est de Dominique, commercial le matin et testeur de resto’ l’aprem dont je m’occupe”.

Ok, sauf que pour Dominique… une diminution de ses capacités physiques entraîne une diminution de ses capacités générales de tolérance à la contrainte ce qui aboutit à deux phénomènes plutôt pas cool :

  • Les personnes qui dorment moins de 8h00 ont 1,7 fois plus de chances (ou plutôt, de risque) de se blesser selon (Milewski, 2014)
  • Les personnes qui dorment 5h ont 4,5 fois plus de chances (ouah, encore des risques plutôt que des chances, sapristi) de tomber malade que celles qui dorment 7h00 selon (Prather, 2015)

La tuile pour notre bon vieux Dominique !

La nutrition

Ensuite la nutrition ! Le principal élément que l’on va étudier dans la littérature sur l’alimentation va être la prise de masse musculaire #ConorMcGregor2024. Tout simplement car c’est l’élément qui est le plus représentatif de la qualité de resynthèse protéique (qui est une variable primordiale pour la récupération).

D’ailleurs, voici un petit récapitulatif pêle mêle des recommandations : 

  • Entre 1,3 et 1,6 grammes de protéines / jour selon (Witard, 2019)
  • Réparties entre 4 et 6 repas / jour selon (Papadopoulou, 2020)
  • Bien sur avec un petit déjeuner riche en protéines selon (Yasuda, 2020)
  • Idéalement avec un apport en caséine le soir avant le coucher selon (Dela Cruz 2021). Tu vas le manger ton fromage blanc !

L’hydratation

Et on ajoute à tout ça une bonne hydratation (et je ne te parle pas du thermos de café).

Pour les moldus (ceux qui ne vont pas à Poudlard quoi) : au moins 1,5 litres d’eau par jour sont recommandés. Et cela en dehors de la quantité que tu vas consommer pendant les repas ou tes entraînements. Une diminution de ton hydratation durant l’activité physique entraîne une diminution de la performance en sprint (Kraft, 2012 ; Mc Carthy, 2019 ; Savoie, 2015 ; Driscoll, 2020) et en performance aérobie (Kraft, 2012 ; Fleming, 2013).

Le stress et la récupération

Et le stress ? Qui parle de stress ? Personne. Qui est stressé ? Pas moi en tout cas #lol.

Selon (Stults-Kolehmainen, 2014), une personne stressée mettra deux fois plus de temps à récupérer ses niveaux de force après une séance de renforcement musculaire qu’une personne “sereine”.

Donc si ton patient vient en séance, qu’il est stressé et que tu dois développer sa force, aucun intérêt de retravailler ça avant 96h. Et pour le savoir, il faut l’évaluer !

Dernier pilier de la récupération ? La gestion de charge ! Autrement dit, s’entraîner régulièrement et être fort ! Plus t’es fort, plus tu récupères vite. Donc plus tu t’entraînes régulièrement, plus tu deviens fort, et plus tu récupères vite donc plus tu peux t’entraîner… On aurait pu partir sur une Jeff Tuche et ses fameuses cartes, mais je n’oserai pas.

Concrètement, comment ça se manifeste chez nos patients ? Tout simplement en pratiquant de l’activité physique, si possible avec du renforcement, toute l’année, en continu avec le moins de variation possible !

Bonjour les bonnes résolutions de Janvier et Septembre, je vous vois !

Comment évaluer l’hygiène de vie de nos patients en rééducation ?

Maintenant que tu as vu que je ne te racontais pas que des conneries, on va voir ensemble comment évaluer rapidement et efficacement l’hygiène de vie des tes patients. Parce qu’il ne faut pas déconner, on a que 30 minutes lors de la première séance !

Je te fais suivre un score assez rapide concocté par ma propre personne.

Pourrait-on l’appeler le Maxime Score, ou perdrais-je en humilité ? À toi de me dire.

N’hésite pas à t’en servir avec tes patients, c’est fait pour ça !

On en parle d’ailleurs plus en détail pendant notre formation : le renforcement EBP !

Voilà, maintenant tu sais tout !

Plus aucune excuse pour ne pas évaluer l’hygiène de vie de tes patients.

Allez, à bientôt !

Bibliographie 

Dela Cruz J, Kahan D. Pre-Sleep Casein Supplementation, Metabolism, and Appetite: A Systematic Review. Nutrients. 2021 May 30;13(6):1872. doi: 10.3390/nu13061872. PMID: 34070862; PMCID: PMC8229753.

Knowles OE, Drinkwater EJ, Urwin CS, Lamon S, Aisbett B. Inadequate sleep and muscle strength: Implications for resistance training. J Sci Med Sport. 2018 Sep;21(9):959-968. doi: 10.1016/j.jsams.2018.01.012. Epub 2018 Feb 2. PMID: 29422383.

Milewski MD, Skaggs DL, Bishop GA, Pace JL, Ibrahim DA, Wren TA, Barzdukas A. Chronic lack of sleep is associated with increased sports injuries in adolescent athletes. J Pediatr Orthop. 2014 Mar;34(2):129-33. doi: 10.1097/BPO.0000000000000151. PMID: 25028798.

Papadopoulou SK. Rehabilitation Nutrition for Injury Recovery of Athletes: The Role of Macronutrient Intake. Nutrients. 2020 Aug 14;12(8):2449. doi: 10.3390/nu12082449. PMID: 32824034; PMCID: PMC7468744.

Prather AA, Janicki-Deverts D, Hall MH, Cohen S. Behaviorally Assessed Sleep and Susceptibility to the Common Cold. Sleep. 2015 Sep 1;38(9):1353-9. doi: 10.5665/sleep.4968. PMID: 26118561; PMCID: PMC4531403.

Vitale KC, Owens R, Hopkins SR, Malhotra A. Sleep Hygiene for Optimizing Recovery in Athletes: Review and Recommendations. Int J Sports Med. 2019 Aug;40(8):535-543. doi: 10.1055/a-0905-3103. Epub 2019 Jul 9. PMID: 31288293; PMCID: PMC6988893.

Witard OC, Garthe I, Phillips SM. Dietary Protein for Training Adaptation and Body Composition Manipulation in Track and Field Athletes. Int J Sport Nutr Exerc Metab. 2019 Mar 1;29(2):165-174. doi: 10.1123/ijsnem.2018-0267. Epub 2019 Feb 25. PMID: 30507259.

Yasuda J, Tomita T, Arimitsu T, Fujita S. Evenly Distributed Protein Intake over 3 Meals Augments Resistance Exercise-Induced Muscle Hypertrophy in Healthy Young Men. J Nutr. 2020 Jul 1;150(7):1845-1851. doi: 10.1093/jn/nxaa101. PMID: 32321161; PMCID: PMC7330467.

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