Le processus de RTP (Return To Play) aprĂšs une blessure est complexe et se bases sur de nombreux critĂšres. Il est nĂ©cessaire dâutiliser des tests et des mesures cliniques et fonctionnels, mais les staffs mĂ©dicaux et techniques oublient souvent un Ă©lĂ©ment important : lâavis du joueur.
Salut mon pâtit pote !
Ă peine la blessure contractĂ©e, les questions fusent dĂ©jĂ sur la table dâexamen : « Jâen ai pour combien de temps ? » ou encore « Quand est ce quâil pourra jouer ? ». Joueur et entraineur sâen donnent Ă cĆur joie pour challenger le kinĂ© ou le doc, qui vient tout juste de poser le diagnostic. Pourtant, ni lâun ni lâautre ne possĂšde de boule de cristal, et donner un dĂ©lai au moment mĂȘme de la blessure nâest en rĂ©alitĂ© quâune approximation qui a toutes les chances dâĂȘtre erronĂ©e par la suite. Parce quâil nâest pas seulement question dâune cicatrisation. Le processus de retour au sport est bien plus complexe que les protagonistes semblent si souvent y croire.
Tu es un kiné motivé (et passionné) ?
Les délais de reprise de sport : fiables ou illusoires ?
Si le retour au jeu a trĂšs (trop) longtemps reposĂ© sur le seul avis du mĂ©decin, ou encore de critĂšres temporels, on sait aujourdâhui que câest largement insuffisant. En effet, le temps oĂč le doc avait droit de vie et de mort sur le joueur (ou presque) est rĂ©volu, et il est maintenant clair que se baser sur le temps qui passe pour permettre de reprendre le sport est Ă peu prĂšs aussi fiable que de parier sur une dĂ©faite du Real Madrid en Champions League. Ăa peut marcher, mais tu as de grandes chances de te planter.

LassĂ©s de ses prises de dĂ©cisions alĂ©atoires, les Italiens ont regroupĂ© 66 experts nationaux et internationaux Ă Milan, une journĂ©e ensoleillĂ©e du mois dâaout 2018. A la fin de la journĂ©e, ils sâĂ©taient mis dâaccord sur les dĂ©finitions principales, les critĂšres de reprise ainsi que les modalitĂ©s. Efficaces ces ritals !
Quâen pensent les experts ?
Que peut-on en retirer ? DĂ©jĂ , distinguons le RTT (Return To Training, retour Ă lâentrainement, pour ceux qui regardent les sĂ©ries uniquement en VF) et le RTP (Return to Play). La nuance est importante, car on y voit les fondamentaux de processus de Retour au jeu : Lors du RTT, le joueur reprend lâentrainement en Ă©tant adaptĂ©, en faisant ce quâil peut faire, en chargeant progressivement. Lors du RTP, le joueur est libĂ©rĂ© de toute contrainte, il peut participer Ă la totalitĂ© des entrainements et des matchs.
Les Italiens ont pris soin de prĂ©senter la rĂ©habilitation comme un continuum, qui nâest ni linĂ©aire, ni tronçonnĂ©e. Au contraire, le joueur doit ĂȘtre managĂ© et stimulĂ© de maniĂšre progressive au cours de phases qui se succĂšdent dans un fondu enchainĂ© qui lui permettra de sâadapter au mieux. Ainsi, il reprendra le foot avec parcimonie dans un premier temps, puis peu Ă peu reprendra ses marques au fur et Ă mesure que son corps lui permettra. Et sa tĂȘte, Ă©galement.
Lâimportance de lâĂ©tat psychologique
Grand oubliĂ© des derniĂšres dĂ©cennies, nous ne pouvons pas prendre de dĂ©cision sans jauger de lâĂ©tat psychologique du joueur. Il doit ĂȘtre questionnĂ©, Ă©coutĂ©, et pris en considĂ©ration. Sâil ne se sent pas prĂȘt Ă reprendre, et quâil lâexprime, quây a-t-il de plus fiable ? Qui peut avoir un avis plus Ă©clairĂ© que le joueur lui-mĂȘme ? Bien sĂ»r, nous utiliserons les tests cliniques, fonctionnels, spĂ©cifiques en salle et sur le terrain. Mais rien ne peut supplanter la prise de position du blessĂ©, dans un processus de prise de dĂ©cision. Nous avons besoin de critĂšres objectifs et quantifiables, mais aussi subjectifs venant du blessĂ© lui-mĂȘme.

Lâutilisation du ACL-RSI est toute trouvĂ©e, par exemple.
Le contexte sera Ă©galement important Ă considĂ©rer. En effet, pour le mĂȘme Ă©tat de forme, la dĂ©cision sera diffĂ©rente pour un minot qui sort du centre de formation dans le cadre dâun match amical, que pour le capitaine et meilleur joueur de la team, lors dâune finale de coupe du monde⊠Câest pourquoi la dĂ©cision nâest pas un couperet qui tombe, mais plutĂŽt une Ă©valuation du « risque tolĂ©rable ». Cette Ă©valuation sera dĂ©pendante des risques liĂ©s Ă lâindividu (le tissu touchĂ©, le grade, les dĂ©ficiencesâŠ), Ă lâactivitĂ© (les fonctions atteintes, les restrictions de participationâŠ) et au contexte (importance du match et du joueur au sein de lâĂ©quipe, moment de la saisonâŠ).
Une décision commune

Tu as donc tous ces Ă©lĂ©ments Ă prendre en compte, mais pas pour faire ta tambouille dans ton coin ! Lâimportant rĂ©side dans le fait que tous les protagonistes doivent communiquer et interagir pour donner leurs Ă©lĂ©ments de rĂ©ponse et aider au processus de dĂ©cision. Tous devront participer : le staff mĂ©dical, le staff technique, lâentraineur et bien-sĂ»r le joueur, qui se doit dâĂȘtre acteur dans la prise de dĂ©cision. Sauf en cas de risque vital (par exemple les commotions cĂ©rĂ©brales) oĂč le mĂ©decin sera la seule habilitĂ© Ă donner son avis, la dĂ©cision se doit dâĂȘtre partagĂ©e, et centrĂ©e sur le joueur.
Câest tout ce qui fait la qualitĂ© dâun bon raisonnement clinique. Notre guide du kinĂ©sithĂ©rapeute expert explique tout Ă ce sujet, dans une sĂ©rie de 4 vidĂ©os gratuites.
La prochaine fois que lâentraineur et le joueur blessĂ© te tombent dessus et te soumette la question fatidique du dĂ©lai de reprise, tu peux leur rĂ©pondre dâaller voir Madame Irma, ou dâattendre gentiment sâils veulent une rĂ©ponse fiable et rĂ©flĂ©chieâŠ
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Allez, a tato !
